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Budget du Québec 2016-2017
Les méfaits de l'effet libéral ou réparer les erreurs de l'austérité
COMMUNIQUÉS  -  18/03/16

FRANCOIS GENDRON
 
 

Lisez une entrevue avec le doyen de l'Assemblée nationale dans La Dépêche numéro 64.
  
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Le député d’Abitibi-Ouest et vice-président de l’Assemblée nationale, M. François Gendron, réagit avec prudence au nouveau budget présenté par le ministre des Finances, M. Carlos Leitao. Bien qu’on semble changer de cap en réinvestissant dans certaines des missions les plus essentielles de l’État, ce ne sera clairement pas suffisant pour réparer les nombreux pots cassés causés par l’austérité encore injustifiée à ce jour.
 
«Ce nouveau budget semble avoir comme objectif de réparer les erreurs des premières années libérales. Donc, au final, peut-on dire que le Québec a progressé pendant ces deux années? C’est clair que non», a réagi François Gendron.
 
Si les libéraux prennent acte de l’étendue des dégâts, c’est trop peu trop tard pour effacer tous les dommages qu’ils ont causés. «Le gâchis causé en éducation, par exemple, on va vivre avec pendant plusieurs années. C’est un réinvestissement majeur que souhaite la population», a illustré le député d’Abitibi-Ouest.

Équilibre budgétaire, mais à quel prix?
L’atteinte de l’équilibre budgétaire est un objectif louable, mais pas à n’importe quel prix. Pour y parvenir, le gouvernement a déstructuré les outils d’accompagnement et sous-financé les services à la population. Outre couper dans les dépenses de services, le gouvernement a continué d’affliger les contribuables en augmentant les taxes et les tarifs.
 
«Il est inadmissible que le déficit budgétaire ait été résorbé en grande partie sur le dos des familles québécoises. La facture a été refilée aux parents d’enfants qui fréquentent les CPE. Le ministre des Finances réalise-t-il que les familles peinent à joindre les deux bouts?», a déploré François Gendron.
 
Enfin, le député croit qu’il faut demeurer vigilant et ne pas se laisser berner par le discours officiel. Bien que les colonnes du budget du Québec balancent, le tableau d’ensemble n’est guère reluisant. En Abitibi-Témiscamingue comme partout au Québec, que ce soit dans les établissements de santé et de services sociaux ou les établissements d’enseignement, on cumule les déficits. D’aucune façon, les problèmes financiers importants n’ont été résolus. Le gouvernement les a simplement déplacés sans le moindre effort réel pour un plan de relance afin d’augmenter la colonne des revenus pour alléger le niveau trop élevé des dépenses et leurs impacts dans la population.



PHILIPPE COUILLARD
 
 

La bonne entente entre Philippe Couillard et Stephen Harper semble être sans borne. La Dépêche numéro 66 vous propose différents textes qui en révèle l'ampleur.
  
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Une maison en ordre aux fondations délabrées
Bien qu'il avait toute la marge de manœuvre pour investir correctement dans les services publics, le ministre Carlos Leitão a préféré cacher 2 G$ de surplus dans le Fonds des générations et offrir, une fois de plus, un allègement de la contribution fiscale des entreprises. En raison de ces choix, les pires conséquences de deux ans de compressions budgétaires ne seront pas évitées.

«M. Leitão affirme que le gouvernement a remis la maison en ordre. Or, avec des augmentations de dépenses en éducation de 3%, qui ne feront que couvrir l'augmentation des coûts de programme, et de 2,4% en santé qui représentent des compressions de 540 M$, le moins qu'on puisse dire, c'est que les fondations de la maison du gouvernement du Québec ont été mises à mal par les mesures d'austérité des deux dernières années et ne seront pas compensées», affirme Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS.

«Le gouvernement avait pourtant la capacité de réparer ses propres dégâts. Cependant, il a décidé de satisfaire les demandes du monde des affaires plutôt que refinancer les services à la population. Dans le budget, le ministre des Finances dissimule plus de 2 G$ dans le Fonds des générations et offre de nouvelles baisses d'impôts aux entreprises. Les chiffres démontrent pourtant que le ratio de la dette sur PIB est sous contrôle, ce qui rend injustifiable l'injection d'une telle somme dans le Fonds. Il a été également démontré que les diminutions répétitives des impôts des entreprises n'ont pas réussi à stimuler l'investissement de celles-ci dans l'économie. Il semble que les faits pointent d'un côté, mais que le gouvernement regarde de l'autre», analyse Francis Fortier, également chercheur à l'IRIS.

Le gouvernement affirme également qu'il veut faire de l'éducation une priorité nationale. «Ce qu'on nous annonce en grande pompe comme un réinvestissement massif en éducation de 500 M$ sur 3 ans ne représente concrètement que des grenailles en comparaison des compressions de 675 M$ survenues ces deux dernières années. Le gouvernement affirme investir pour «agir tôt et au bon endroit», ce qui est contradictoire quand on considère les nombreux impacts de leurs compressions : services aux élèves abolis, nombre d'élèves par classe qui augmente, diminution générale des ressources, en plus du coup dur porté au réseau des CPE», observe Francis Fortier.

«Le dépôt de ce budget nous permet de constater que le transformation de l'État du Québec est bel et bien amorcée. Après avoir coupé massivement dans ses dépenses de programme pour atteindre rapidement le déficit zéro, M. Leitão présente un budget avec une absence totale de réinvestissement dans le secteur public et un bar ouvert pour les entreprises privées», conclut Philippe Hurteau.



AGROALIMENTAIRE
 
 

Le secteur agricole est le plus gros employeur du Québec dans le domaine industriel. Lisez notre SPÉCIAL AGROALIMENTAIRE dans La Dépêche numéro 64.
  
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Un budget très décevant, dit la CSN
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) qualifie d'extrêmement décevant le budget présenté par le ministre Leitão pour l'année 2016-2017. «Le ministre et son gouvernement ont tout en main pour administrer un électrochoc au Québec, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. Nous constatons malheureusement qu'ils maintiennent les services publics, les programmes sociaux et l'emploi dans un état de torpeur. Le cap aurait dû être mis sur la suspension des versements au Fonds des générations pour se donner de véritables moyens de relance.»

Pour la CSN, le budget ne trouve aucune solution aux problèmes quotidiens et immédiats causés aux familles, aux ainés, aux femmes et aux régions par deux années d'austérité. «Depuis la reprise du pouvoir par les libéraux, en avril 2014, les mesures restrictives du gouvernement Couillard n'ont cessé de frapper la classe moyenne, les plus démunis et en particulier les femmes, a poursuivi Jacques Létourneau. Avec le retour de l'équilibre budgétaire, nous étions en droit de nous attendre à un réinvestissement majeur dans l'ensemble des services publics et des programmes sociaux. Ce qui n'est pas le cas, au contraire.»

Dans la santé et les services sociaux, par exemple, bien qu'on constate une hausse des dépenses par rapport aux deux derniers budgets avec un accroissement de 2,4 % pour 2016-2017, elle est loin de couvrir les coûts de système établis à 4,5 % annuellement. «Le réseau de la santé demeurera sous pression après des années de sous-financement et de compressions, a mentionné le président de la CSN. La qualité et l'accessibilité des services continueront de se dégrader, tout comme les conditions de travail, et ce sans compter qu'une part importante de ces sommes sera accaparée par l'augmentation de l'enveloppe dédiée à la rémunération des médecins et à la hausse du coût des médicaments. Le gouvernement a pourtant les moyens de faire autrement.»

Dans le secteur de l'éducation, la CSN salue l'accroissement des dépenses, en particulier pour les infrastructures, qui ont été particulièrement négligées au cours des 20 dernières années. Cependant, la hausse des dépenses de 3 % pour 2016-2017 couvre à peine les coûts de système. C'est vraiment bien peu pour un gouvernement qui se targue de faire de l'éducation une priorité.

En outre, pour une deuxième année consécutive, le gouvernement diminue les charges fiscales des entreprises sans aucune obligation de leur part, se privant ainsi d'importantes sources de revenus. Avec la baisse de la cotisation au Fonds des services de santé, les PME verront donc leur fardeau fiscal diminuer de 385 millions de dollars par année, somme qui s'ajoute à la baisse des cotisations aux normes du travail, au Régime québécois d'assurance parentale, à la CSST, à l'assurance-emploi. Jacques Létourneau: «Il est déplorable de constater tous les détours que prend ce gouvernement pour éviter de rechercher de nouvelles sources de revenus. Il poursuit donc inexorablement son processus de démantèlement de l'État, sans consultation préalable ni mandat.»

Pour Jacques Létourneau le contexte de croissance anémique prévu de 1,5% pour la prochaine année et de 1,6 % pour l'année suivante constitue sans aucun doute l'abdication des libéraux de relancer l'emploi et le développement des régions, pourtant un engagement de la dernière campagne électorale. Elle commande des actions beaucoup plus vigoureuses pour stimuler l'économie et financer adéquatement les programmes sociaux et les services publics. Ainsi, si certaines mesures proposées répondent à nos préoccupations, comme le soutien à certains créneaux économiques, «nous déplorons que le budget annonce des mesures qui s'échelonneront sur plusieurs années, soit 3 ou 5 ans alors que les politiques d'austérité ont frappé partout et ont eu des effets immédiats, a indiqué Jacques Létourneau. C'est pourtant maintenant que le gouvernement doit agir. C'est trop peu, trop loin.»


Pierre-Karl Péladeau
 
 

Pierre-Karl Péladeau est un négociateur redoutable, rendant ainsi plus improbable que le Canada anglais puisse abuser les Québécois une dernière fois. Lisez les détails de l'article ici ou le reportage intégral dans La Dépêche numéro 68.
L'austérité se poursuit
«Avec un taux de croissance des dépenses de programmes de seulement 2,7%, le budget 2016-2017 est très loin d'être à la hauteur des besoins pour financer adéquatement nos services publics. Nous déplorons que le gouvernement n'ait pas fait le choix d'utiliser ses marges de manœuvre pour réinvestir dans les services, par exemple en réduisant son versement au Fonds des générations. On augmente les sommes allouées à l'éducation de 3% pendant que le versement au Fonds des générations est haussé de 42%. Où est la véritable priorité du gouvernement?» La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, réagit ainsi au dépôt du budget Leitão.

L'éducation n'est pas une véritable priorité
La CSQ est d'avis que le Plan pour la réussite en éducation et en enseignement supérieur présenté aujourd'hui n'envoie pas un signal fort que l'éducation constitue une priorité nationale: «Comme la CSQ l'a démontré il y a quelques jours, le taux de croissance des dépenses du ministère de 3 %, pour 2016-2017, permet tout juste de couvrir les coûts de système. C'est nettement insuffisant pour corriger les dommages causés par les compressions des dernières années. Le Plan reprend les mesures déjà annoncées, soit les 80 millions dévoilés en novembre dernier», évoque la présidente de la CSQ.

Par ailleurs, les cibles visées par le Plan, telles la réussite en lecture et en écriture au primaire et le fait qu'il faut agir tôt pour favoriser la réussite, sont intéressantes, mais les ressources qui lui sont accordées ne sont tout simplement pas à la hauteur des enjeux. Même constat du côté des infrastructures scolaires où le gouvernement annonce une hausse des investissements. Cette dernière est la bienvenue puisque les besoins sont criants. Par contre, la CSQ est d'avis qu'il faudra voir concrètement si elle sera suffisante. «Le gouvernement avait l'obligation d'agir rapidement parce que la situation est critique dans bien des établissements scolaires.»

Pour le milieu collégial, le budget prévoit quelques mesures intéressantes, notamment la mobilité étudiante. La croissance des budgets à 3% permettra d'éviter de nouvelles compressions, ce qui était essentiel pour un réseau fortement ébranlé dans les dernières années.

La situation est moins rose du côté des universités puisque, à 1,7%, la hausse des budgets prévus en 2016-2017 ne répondra pas aux besoins du réseau. Le réseau universitaire méritait une sérieuse remise à niveau alors que le budget présenté aujourd'hui contribuera plutôt à l'affaiblir encore plus.

Le saccage du réseau de la petite enfance
En petite enfance, le nouveau budget vient confirmer les compressions imposées en 2016-2017 au réseau public de services de garde: «Le gouvernement semble toujours déterminé à poursuivre le démantèlement de notre réseau public de la petite enfance. Même si nous sonnons l'alarme depuis des mois pour préserver le premier maillon fort de l'éducation, le gouvernement persiste vers la privatisation. Il vient même de reconnaître son erreur avec l'annonce de la diminution de 50% de la contribution additionnelle pour un deuxième enfant», ajoute la présidente.

Poursuite des compressions en santé et services sociaux
En santé, la CSQ déplore les 2,4% de taux de croissance prévus puisqu'ils se situent bien en deçà de ce qui est nécessaire pour maintenir les coûts de système. Cela signifie donc que les compressions vont se poursuivre: «C'est inquiétant pour les patients et pour le personnel du réseau. Nous le voyons déjà depuis des mois, les compressions dans le milieu de la santé et des services sociaux se font grandement sentir sur le terrain, menacent la qualité des services et confirment la volonté du gouvernement Couillard de privatiser encore plus le réseau», poursuit Louise Chabot.

Par ailleurs, la CSQ salue la hausse significative du budget de la condition féminine, notamment pour la mise en œuvre de la Stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Rappelons que la Centrale avait vivement dénoncé les coupes de 27% imposées en deux ans ainsi que les mesures d'austérité qui touchent plus particulièrement les femmes.

Enfin, la CSQ dénonce le fait qu'avec son plan économique, le gouvernement poursuit dans la voie de l'austérité: «Avec les choix budgétaires qu'il fait aujourd'hui, le gouvernement couvre tout juste les coûts de système en éducation alors que les compressions se poursuivront dans le secteur de la petite enfance et de la santé et des services sociaux. Nos services publics sont toujours menacés et nous continuerons de nous mobiliser pour en assurer la pérennité», conclut la présidente de la CSQ.


PHILIPPE COUILLARD
 
 

Tous les ouvriers québécois devraient savoir parler anglais juste au cas où un client anglophone surgirait sur les planchers des usines, prônait Philippe Couillard lors d’un débat électoral. Plus de détails ici ou lisez le reportage intégral dans La Dépêche numéro 67.
  

Gâter les minières,
punir les plus vulnérables

«Le gouvernement nous dit qu'il a remis la maison en ordre alors qu'il en a fragilisé les fondations à coup de compressions massives dans les services publics, indique Stephen Léger, vice-président de l'APTS. Les murs craquent et on se contente d'y mettre de la peinture. » En ce qui concerne la santé et les services sociaux, la population et les professionnels subiront encore de plein fouet l'austérité libérale. «Le retour à l'équilibre budgétaire s'est fait sur le dos des plus vulnérables, se désole Stephen Léger. Les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, les personnes handicapées, les personnes âgées sont encore attaquées alors que l'on gâte les minières, les médecins et Bombardier. C'est un gouvernement qui n'a pas de cœur et les besoins sont si grands.»

La grande majorité des observateurs s'entendent pour chiffrer à 4% l'augmentation des dépenses nécessaires pour maintenir les services. Avec une augmentation prévue de 2,4%, on est encore loin du compte. Résultat, on peut s'attendre à des compressions de 540 millions de dollars au cours de la prochaine année. «La vraie prospérité, c'est quand on prend soin des gens, quand on les soigne et, surtout, quand on fait de la prévention, ajoute le vice-président. Le gouvernement annonce une augmentation minimale des budgets en prévention et en santé mentale. C'est encore trop peu pour réparer les dégâts des dernières années. Il faudra plus que des miettes pour réduire les listes d'attente pour voir, entre autres, un psychologue, une travailleuse sociale ou une physiothérapeute à domicile.»

Qui plus est, le gouvernement met résolument le cap sur le financement à l'activité, malgré ses effets pervers. «Les 70 millions de dollars qui seront investis au cours des prochaines années pour mettre en place cette réforme majeure auraient dû être investis en services directs, indique Stephen Léger. Le financement à l'activité n'améliorera pas les soins et ne réduira pas les listes d'attente en imagerie médicale. Il ne fera rien non plus pour les parents qui attendent encore trop longtemps un diagnostic d'autisme pour leur enfant.»

Il existe pourtant des solutions pour financer adéquatement le réseau de la santé et des services sociaux. «La création d'un régime d'assurance médicaments entièrement public permettrait au Québec d'économiser 828 millions de dollars, au minimum. Et l'argent récupéré par la révision complète des avantages fiscaux accordés aux grandes entreprises, une lutte sérieuse aux paradis fiscaux et l'arrêt des partenariats public-privés pourrait être réinvesti dans les services publics», de conclure le vice-président de l'APTS.


prix de l'essence
 
 

Dans son édition de juin 1999 (numéro 15), La Dépêche publiait une enquête sur le prix de l'essence en région. Vous pouvez aussi lire un autre article sur le sujet dans La Dépêche de mai 2000 (numéro 21) sous le titre Prix de l'essence: la marge de commercialisation est plus du double en Abitibi.
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Stagnation des investissements
L'Association de la construction du Québec (ACQ) estime que les investissements en infrastructures annoncés par le gouvernement provincial ne permettront pas de rehausser le niveau d'activité de l'industrie de la construction qui est malheureusement en baisse constante depuis 2012.

«Nous accueillons favorablement l'investissement supplémentaire de 200 millions pour la réfection des établissements dans le secteur de l'éducation dès cette année. Nous aurions cependant souhaité une bonification plus importante de l'enveloppe attribuable au Plan québécois des infrastructures (PQI). N'oublions pas que le déficit d'entretien des infrastructures se chiffre à 15,1 milliards de dollars sans compter les établissements du secteur de la santé. Les investissements annoncés pour les bâtiments institutionnels en santé et en éducation demeurent en deçà des besoins actuels», a indiqué Jean-Philippe Cliche, économiste à l'ACQ.

Selon la plus récente revue de l'activité, la Commission de la construction du Québec (CCQ) indique que d'un sommet d'un peu plus de 165 millions d'heures travaillées en 2012, l'industrie a constamment régressé et devrait atteindre 142,7 millions d'heures en 2016. Ceci se traduit par des pertes de milliers d'emplois en construction, des emplois de qualité et bien rémunérés.

«Les investissements publics dans les infrastructures permettent non seulement de créer des emplois, mais contribuent aussi à mettre en place un climat propice aux investissements privés», a ajouté M. Cliche.

Plan québécois des infrastructures
L'ACQ croit que les efforts du gouvernement en ce qui a trait au Plan québécois des infrastructures (PQI) sont en deçà des besoins des Québécois. Les investissements provinciaux en construction stagneront par rapport à l'an dernier et ce, pour les deux prochaines années. «L'ACQ salue le retour à l'équilibre budgétaire annoncé dans le budget 2016-2017 par le ministre des Finances du Québec, M Carlos Leitão. Toutefois, le gouvernement se prive d'un vecteur de croissance économique important en n'augmentant pas les investissements en construction», a indiqué M. Cliche.

Hausse d'impôt pour les petites entreprises
Bien qu'il accueille favorablement la réduction progressive du taux de cotisation des PME au fonds des services de santé à partir du 1er janvier 2017, l'économiste de l'ACQ s'inquiète de l'augmentation des impôts des petites entreprises de construction employant 3 salariés ou moins. Leur taux d'imposition passera de 8% à 11,8% à partir du 1er janvier 2017, une hausse de 48%. C'est donc dire que les petites entreprises de construction québécoises seront 4 fois plus imposées que celles évoluant dans les autres provinces canadiennes, où le taux d'imposition moyen est de 2,9%. «Nous avions demandé au gouvernement provincial de réduire le taux d'imposition de l'ensemble des PME québécoises. Nous sommes déçus de cette mesure et nous croyons qu'elle nuira au développement de la fibre entrepreneuriale québécoise», a souligné Jean-Philippe Cliche.

Le Plan Nord
Le prix des ressources naturelles étant très bas depuis quelques années, le gouvernement pourrait être tenté de délaisser le développement du Nord québécois, le temps que le prix des ressources se consolide. «Ceci est selon nous quelque chose à proscrire, puisque l'histoire nous a démontré que le prix des ressources naturelles est cyclique et que nous assisterons inévitablement à une remontée des cours dans le futur. D'ici là, il est important de s'assurer que les infrastructures seront en place afin d'en profiter le moment venu. Nous saluons donc la contribution du gouvernement à cinq projets qui, entre autres, amélioreront l'accès au territoire», a commenté M. Cliche.

Création de RénoVert
L'instauration de RénoVert, un crédit d'impôt remboursable à la rénovation domiciliaire écoresponsable, est bien reçue par l'ACQ. Le mode de fonctionnement est similaire à l'ancien programme LogiRénov, alors que le crédit d'impôt est équivalent à 20% des dépenses admissibles.

«À elle seule, l'industrie de la construction représente 1 dollar sur 8 du produit intérieur brut du Québec. Chaque dollar investi dans la construction contribue à l'essor économique du Québec, c'est un levier de croissance dont le gouvernement ne peut se passer», a conclu l'économiste de l'ACQ.


GILLES CHAPADEAU
 
 

«Notre marché intérieur qui n’utilise pas assez le bois doit être encouragé», estime monsieur Gilles Chapadeau. Pour en savoir plus La Dépêche numéro 60 vous propose un DOSSIER FORESTIER complet pour faire le point sur cette importante industrie au Québec qui a encore un avenir très prometteur.
  
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Le gouvernement manque de cœur à l'ouvrage
«En annonçant des mesures timides pour relancer l'économie et en poursuivant son obsession de l'atteinte de l'équilibre budgétaire, le gouvernement manque son coup pour relever les défis importants qui nous attendent, notamment en matière d'emploi.» C'est en ces termes que le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, réagit au budget du gouvernement libéral présenté par le ministre des Finances, Carlos Leitão.

La FTQ, qui revendique la mise sur pied d'une véritable politique industrielle du 21e siècle, aurait souhaité davantage d'investissements pour relancer l'économie. «La priorité de ce gouvernement devrait être la création d'emplois de qualité plutôt que la réduction de la dette et de la taille de l'État. Certaines mesures de relance semblent intéressantes, mais globalement c'est insuffisant», affirme le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

Dans un contexte de lutte aux changements climatiques, la transition juste vers une économie verte pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés est une des priorités de la FTQ. «Concrètement, la réduction des émissions de GES implique la transformation de centaines de milliers d'emplois, ainsi qu'une reconfiguration de plusieurs secteurs économiques. Pour nous, des mesures plus musclées sont nécessaires», affirme Daniel Boyer.

Le gouvernement garde le cap sur l'austérité
Depuis le premier budget de ce gouvernement, la FTQ n'a cessé de réitérer qu'elle n'est pas contre l'atteinte de l'équilibre budgétaire, mais pas à la vitesse grand V et au détriment de la qualité et de l'accessibilité des services publics. La centrale syndicale aurait souhaité que le gouvernement suspende temporairement les versements au Fonds des générations afin de dégager une marge de manœuvre qui aurait permis de réels réinvestissements en santé et en éducation.

«Nous constatons présentement que la pointe de l'iceberg des impacts des politiques d'austérité mises en place par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir. S'il a tant à cœur les générations futures, il devrait faire en sorte qu'elles puissent bénéficier des mêmes services publics accessibles et de qualité que leurs parents», affirme le président de la FTQ.

Certains des éléments intéressants du budget sont dans les faits des modifications à des mesures d'austérité que le gouvernement libéral a lui-même mis en place. Pensons notamment à l'abolition graduelle de la contribution santé à partir de 2016, au réinvestissement en éducation et à la modification de la modulation des tarifs de services de garde. «Le gouvernement colmate des brèches qu'il a lui-même ouvertes», observe Daniel Boyer.

L'aide aux entreprises: oui, mais…
La FTQ rappelle que si elle est en accord avec le principe d'aide aux entreprises, celle-ci doit être assujettie à des obligations. «Enfin, certaines mesures sont conditionnelles à des investissements de la part des entreprises, mais nous aurions souhaité que le gouvernement aille plus loin en ce sens. L'État devrait accompagner les entreprises qui ont des projets novateurs et créateurs d'emplois. Ce n'est pas nécessairement en réduisant leur contribution fiscale que le gouvernement s'assure de relancer l'économie et de créer des emplois de qualité au Québec», rappelle le président de la FTQ.


Lac-Mégantic
 
 

La première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, la mairesse de      Lac-Mégantic, Mme Colette Roy-Laroche, et le premier ministre du Canada,  M. Stephen Harper.
  
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Le gouvernement reconnaît qu'il est allé dans la mauvaise direction
À la lecture du budget 2016-2017 du gouvernement du Québec, l'Association québécoise des CPE (AQCPE) constate que le gouvernement reconnaît son erreur et recule partiellement sur la question de la contribution additionnelle des parents d'enfants fréquentant des services de garde éducatifs subventionnés. En effet, le gouvernement annonce que la contribution parentale additionnelle est réduite de 50% pour le deuxième enfant. Cette réduction étant rétroactive, les parents qui ont déjà payé la hausse de tarif recevront un remboursement.

«Nous espérons qu'il s'agit d'un premier pas vers l'annulation pure et simple de la modulation des tarifs en CPE, a affirmé Louis Senécal, président-directeur général de l'AQCPE. Les services de garde subventionnés sont le seul service public pour lequel on impose une progression tarifaire en fonction du revenu, alors que les parents plus fortunés sont déjà imposés davantage. La mobilisation de la population et l'arrivée du nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, ont certainement eu un rôle à jouer dans cette décision.»

Vers un meilleur contrôle des dépenses fiscales pour les garderies commerciales non subventionnées
Il convient de mentionner que le gouvernement fait également un pas dans la bonne direction au chapitre du contrôle des crédits d'impôt qui financent indirectement les places en garderies commerciales non subventionnées. Le budget prévoit l'échange d'informations entre Revenu Québec et le ministère de la Famille.

Par ailleurs, l'AQCPE rappelle au gouvernement que les CPE sont les mieux outillés pour assurer le plein développement des enfants et qu'à cet égard le gouvernement devrait favoriser le développement de places en CPE.

Toujours pas de réinvestissement dans les services de garde éducatifs
Le gouvernement affirme avoir réussi à dégager les marges de manœuvre nécessaires pour réinvestir dans les secteurs prioritaires de l'économie. Or, l'AQCPE constate avec regret que les services de garde éducatifs ne s'inscrivent pas au chapitre de ces priorités.

Alors que le gouvernement annonce qu'il dégagera un surplus de 2 G$ en 2016-2017, qu'il allouera entièrement au Fonds des générations, il aurait ainsi eu amplement le choix d'investir, par souci d'égalité des chances, dans le premier jalon de l'éducation que les services de garde éducatifs.

«Nous observons une contradiction puisque que le gouvernement affirme que l'éducation est une priorité, mais maintient toujours les compressions dans ce qui constitue le premier jalon de l'éducation, soit les services de garde éducatifs à la petite enfance», a poursuivi M. Senécal.

Enfin, le budget confirme l'allocation de transition de 60 M$ (41 M$ pour les CPE) qui vise à réduire l'impact des compressions déjà annoncées pour l'année 2016-2017.


François Gendron à la tête d'une mission en Chine
 
 

La Dépêche revient sur la mission économique dirigée par François Gendron en Chine dans son édition no 62. Pour plus de photos et de détails, procurez-vous le numéro spécial 15e anniversaire de La Dépêche numéro 62.
  
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L'Association pour la voix étudiante au Québec dénonce la teneur du budget Leitao
Après des années de coupes sauvages dans les services sociaux, le gouvernement Couillard annonce aujourd'hui en grande pompe un budget équilibré. «Le réinvestissement de moins de 200 M$ dans l'enseignement supérieur annoncé aujourd'hui pour l'année à venir n'est que de la poudre aux yeux. Dois-je rappeler que le gouvernement a coupé près de 737 millions depuis 2012?» indique Isaac Stethem, responsable des communications de l'AVEQ.

L'AVEQ presse le gouvernement du Québec d'annuler ces coupes successives et de mettre au pas les cadres qui s'attribuent des salaires astronomiques. «Alors que le recteur de l'Université de Montréal gagne plus de 400 000 dollars par année, que les professeurs dénoncent le moratoire sur les embauches et les suppressions de postes et que les étudiants et étudiantes salariées de l'UQAM sont en grève depuis plus de 100 jours, monsieur Leitao tente de nous entourlouper avec ses vieilles godasses» dénonce Nicolas Hamon, responsable des affaires internes de l'AVEQ.

L'AVEQ invite le gouvernement à s'attaquer aux vrais problèmes en éducation: le sous-financement universitaire qui dépasse 1 G$, les frais de scolarités qui ont grimpé  de 162% en dollars constants depuis 1990 et les FIOs, qui dans certains établissements ont monté de 66 % en dollars constants depuis 2005. L'AVEQ réitère qu'il faut réinvestir massivement dans l'éducation post-secondaire pour mettre un terme a ces problèmes. Or, en investissant au total 165 M$ dans les services aux étudiants et aux étudiantes ainsi que 700 M$ en infrastructure dans l'ensemble du réseau de l'éducation, le gouvernement ignore les attentes du milieu de l'éducation supérieur et rate une fois de plus la cible.


LE NORD POUR TOUS
 
 

En septembre 2008, Jean Charest fait une présentation spectaculaire du Plan Nord (aujourd'hui Le Nord pour tous) quelques semaines avant de déclencher des élections générales. Plus d’un an plus tard, on apprendra que le Plan Nord n’existe pas. Pour plus de détails, procurez-vous le numéro spécial 15e anniversaire de La Dépêche numéro 62 avec son calendrier régional éphémérides.
  
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La relève d'affaires: grande oubliée du budget 2016-2017
La coalition formée du Regroupement des Jeunes Chambres de commerce du Québec (RJCCQ), la Jeune Chambre commerce de Montréal (JCCM) et la Jeune Chambre de commerce de Québec (JCCQ) constate avec regret que la relève d'affaires est la grande oubliée du budget 2016-2017.

Si elle salue le maintien de l'équilibre budgétaire et des versements dédiés au Fonds des générations, la coalition déplore que la place accordée à l'entrepreneuriat en phase de création-démarrage soit timide dans le plan économique et absente dans le plan pour la réussite en enseignement et en éducation supérieure.

Création de richesse: la relève négligée
Sur le plan de l'économie et de l'entrepreneuriat, un constat s'impose : le gouvernement du Québec privilégie une vision plus traditionnelle du développement économique à une approche actualisée de la création de richesse. À ce chapitre, ce sont les jeunes entrepreneurs qui sont lésés alors que peu de mesures favorisant l'établissement d'un écosystème entrepreneurial fort sont présentées.

«On salue la mise en œuvre immédiate de la mesure favorisant le transfert d'entreprises familiales. Toutefois, nous déplorons la limitation de cette mesure aux secteurs primaires et manufacturiers, excluant de ce fait, une majorité des PME québécoises qui peinent à trouver une relève», a déclaré Steve Ross, président de la JCCQ.

Réinvestissements en éducation: un début honorable, du chemin à parcourir
La coalition salue le réinvestissement du gouvernement dans le secteur de l'éducation ainsi que sa volonté de dépasser l'objectif de diplomation de 80% des jeunes Québécois d'ici à 2020. Il convient néanmoins de souligner que si la question de l'adéquation formation-emploi et de l'ouverture vers de nouvelles carrières est abordée, elle néglige complètement l'entrepreneuriat:

«Le mot entrepreneuriat n'est aucunement mentionné quand on aborde l'éducation. Il est important de développer l'esprit entrepreneurial chez les jeunes, et ce, dès le jeune âge, car il est intimement lié à la persévérance scolaire, au désir d'avoir du succès et à la mobilité sociale», a déclaré Gabriel Bran Lopez, président de la JCCM.

Quant aux investissements importants en infrastructures, la coalition insiste pour qu'ils fassent l'objet d'une réflexion afin d'intégrer des installations scientifiques et technologiques qui permettront de développer  l'intérêt des jeunes pour des carrières en lien avec les besoins de l'économie du 21e siècle.

La stratégie numérique: trop peu, trop tard
Quant aux investissements visant à moderniser les entreprises québécoises, l'absence des jeunes dans les institutions décisionnelles se fait sentir: cet investissement arrive de façon tardive et omet le secteur des services, domaine d'activité favorisé par la relève d'affaires:

«Avec l'adoption d'une stratégie numérique, le gouvernement reconnaît enfin la nécessité pour les entreprises d'effectuer le virage vers le numérique afin d'être en phase avec l'environnement concurrentiel mondial. Toutefois, en excluant le secteur des services et en mettant l'accent sur les entreprises ayant un capital versé élevé, les grandes oubliées demeurent les entreprises en création-démarrage.» a ajouté Monsef Derraji, président directeur général du RJCCQ.

En outre, bien que le budget reconnaisse l'importance d'agir pour encourager la rétention des étudiants étrangers et l'accompagnement entrepreneurial des personnes immigrantes, celui-ci déplore que les investissements en ce sens ne soient pas conséquents.

Malgré un budget généralement peu novateur, la coalition s'entend pour saluer certaines mesures. Notamment, la réduction de la contribution des employeurs au Fond des services de santé pour améliorer la compétitivité des entreprises québécoise et encourager la création d'emploi; le programme Québec Branché favorisant les régions rurales, le projet Innovexport qui apportera un soutien aux entrepreneurs de la capitale nationale ainsi que la volonté du gouvernement de soutenir un partenariat semblable entre Montréal et une ville française ; la baisse du fardeau fiscal sur les revenus générés par les brevets québécois et évidemment, l'investissement dans l'entrepreneuriat au féminin.

Les représentants de la coalition sont intéressés et disponibles à collaborer avec le gouvernement afin de travailler à l'amélioration, au soutien et au rayonnement de l'entrepreneuriat québécois.


Résidences pour aînés au Témiscamingue
 
 

Le Témiscamingue veut se doter d’un modèle de résidence adapté au profil de la personne aînée. Pour plus de détails, procurez-vous La Dépêche numéro 68.
  
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Le gouvernement maintient sa tête dans le sable devant les défis du vieillissement
La croissance du budget de la santé et des service sociaux ne sera que de 2,4% en 2016-2017 alors que pour couvrir l'augmentation des coûts du système, la croissance des dépenses devrait être de plus de 4%. Ainsi, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) est très déçue de ce budget qui laisse présager de nouvelles coupures dans les services aux aînés.

«Les compressions budgétaires exigées par le gouvernement dans les dernières années ont un impact direct sur les services. Partout au Québec nous constatons des fermetures de lits en CHSLD et des diminutions du nombre d'infirmières. Le budget proposé actuellement ne rattrape même pas les effets de ces coupes», déplore Mme Judith Gagnon, présidente de l'AQDR.

D'ailleurs, l'AQDR souligne l'absence de sommes dédiées aux centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ainsi qu'aux ressources intermédiaires. Qu'il s'agisse du personnel ou des infrastructures, il est évident que l'offre de services est insuffisante pour répondre au vieillissement de la population, notamment pour les plus vulnérables.

En ce qui concerne le soutien à l'autonomie des personnes aînées, il est désolant de constater que le gouvernement a baissé les bras. Lors de la dernière campagne électorale, M. Couillard connaissait l'ampleur des besoins et c'est pourquoi il promettait 750 M$ pour les soins à domicile, soit 150 M$ par année. Or, la hausse de 60 M$ annoncée est non seulement insuffisante, mais elle servira à financer un système dysfonctionnel maintes fois critiqué par le vérificateur général.

«Il est impératif que le gouvernement se dote d'une politique de soutien à l'autonomie afin de s'assurer que les investissements suivent le patient, qu'il y ait des normes nationales, une évaluation des besoins adéquates et une offre de services plus juste entre les régions.», rappelle Mme Gagnon.

Par ailleurs, l'AQDR doit saluer l'effort du gouvernement dans le dossier des travailleurs expérimentés, sur la taxe santé et sur les crédits d'impôt pour le maintien à domicile dans le cas des résidences privées. Nous savons que de plus en plus d'aînés souhaitent rester sur le marché du travail. Néanmoins, il est évident que le présent budget se concentre sur les aînés actifs. L'AQDR espérait du gouvernement davantage d'efforts pour répondre aux besoins des aînés les plus vulnérables qui auront malheureusement à défrayer pour de nouveaux frais accessoires, bref un budget plus humain.


ROUYN-NORANDA, VILLE ET VILLAGES EN SANTÉ
 
 

M. Mario Provencher, maire et président de Rouyn-Noranda, Ville et villages en santé.
  
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Cinq fois plus aux employés qu'aux usagers
Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), le principal porte-parole des usagers du réseau québécois de la santé et des services sociaux, réagit avec déception au budget 2016-2017 du gouvernement du Québec.

«Clairement, ce budget n'est pas celui des usagers du réseau de la santé et des services sociaux», lance M. Pierre Blain, directeur général du RPCU. «En effet, les employés et les professionnels du réseau toucheront cinq fois plus que la faible augmentation consentie en services à la population, soit 454 millions de dollars par comparaison à 88 millions de dollars. L'investissement en santé et services sociaux est donc majoritairement dirigé vers le réseau lui-même, pas vers la population et les usagers», ajoute M. Blain.

En effet, le gouvernement a annoncé aujourd'hui des crédits additionnels de seulement 88 millions de dollars par année pour augmenter les services à la population dans le réseau de la santé et des services sociaux. Ces sommes serviront essentiellement au soutien à domicile, aux personnes présentant un trouble du spectre de l'autisme et à la prévention. Or, le Plan annuel de gestion des dépenses du portefeuille de la Santé et des Services sociaux montre qu'une hausse de 317 millions de dollars est prévue pour la rémunération des employés du réseau et une hausse de 137 millions de dollars est prévue pour la rémunération des professionnels de la santé, pour un total de 454 millions de dollars.

Par ailleurs, le RPCU souligne les efforts d'optimisation, notamment en matière de lutte au surdiagnostic, qui conduiront à des économies de l'ordre de 245 millions de dollars. «Il est toutefois déplorable que les résultats de ces efforts souhaitables ne servent pas à augmenter les services à la population», renchérit M. Blain.

Toujours en matière d'optimisation, le RPCU recommande que des efforts supplémentaires soient faits dans la gestion des plaintes visant le réseau de la santé et des services sociaux afin d'améliorer les services et éliminer les dédoublements.


Marche mondiale des femmes
 
 

La Marche mondiale des femmes en 2015. Elles étaient 10 000 à faire entendre leurs nombreuses revendications dont leur opposition aux politiques d'austérité. Pour en savoir plus, consultez La Dépêche numéro 68.
«Trop peu trop tard pour réparer les pots cassés»
Après deux années passées sous le signe des compressions et de l'austérité, le SISP déplore que le troisième exercice budgétaire du ministre Leitao maintienne le cap sur un plan dont les failles ont été démontrées maintes et maintes fois au cours des derniers mois.

«Avec une croissance des dépenses d'en moyenne 2,7% en 2016-2017, le gouvernement Couillard n'a définitivement pas à cœur les services publics», déplore Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

Bien que le SISP accueille favorablement de nouvelles sommes pour le réseau scolaire et l'enseignement supérieur, le réinvestissement tant attendu n'est pas à la hauteur pour amorcer le nécessaire rattrapage en éducation. Une croissance des dépenses de 3% dans ce secteur pour l'année 2016-2017 ne parviendra pas à réparer les pots cassés des années précédentes. «En éducation, le gouvernement semble chercher à réparer les dégâts qu'il a lui-même causés, et n'y parvient pas. Ce dont le réseau a besoin c'est de véritable argent neuf», poursuit la dirigeante syndicale.

Le SISP déplore en outre que les secteurs de la santé et des services sociaux, de même que la fonction publique et parapublique, soient mis de côté dans la réallocation des surplus budgétaires. «Les services publics ont souffert de graves compressions ces dernières années, les travailleuses et travailleurs sont à bout de souffle. La croissance des dépenses annoncée de 2,4% pour le secteur de la santé et des services sociaux est nettement insuffisante pour suivre l'évolution des coûts de système. Pire, cela laisse présager de nouvelles compressions au cours de l'année à venir, s'ajoutant aux dégâts causés au réseau ces deux dernières années. C'est inconcevable. Il ne reste plus de gras à couper. On est rendu à l'os, et c'est la population qui en souffrira», dénonce Carolle Dubé.

La baisse drastique des effectifs du secteur public inquiète également le regroupement syndical. Conséquence directe d'un contrôle bien trop sévère des effectifs dans la fonction publique, le nombre de travailleuses et de travailleurs de l'État se situe aujourd'hui bien en deçà des cibles du gouvernement, déjà trop faible pour assurer une prestation de service adéquate. La croissance de dépenses des autres ministères ne s'établira qu'à 1,2% pour 2016-2017. «On ne peut se permettre un tel sous-financement. Pour que nos programmes sociaux fonctionnent de façon efficiente, nous avons besoin de davantage de personnel et de ressources», soutient la porte-parole.

Bien que l'abolition de la taxe santé prévue l'année prochaine apporte une certaine marge de manœuvre aux familles de la classe moyenne, le SISP s'inquiète vivement des effets sur la prestation de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. «Sans mesure compensatoire pour dégager de nouveaux revenus, l'abolition de la taxe santé laissera un trou de plus de 4 milliards sur cinq ans dans les finances publiques, poursuit Carolle Dubé. Comment le ministre peut-il justifier de se priver de revenus à l'heure même où la qualité des services est compromise dans l'ensemble des secteurs?»

7 milliards pour mieux financer les services publics
Les alternatives ne manquent pas pour compenser cette perte de revenus. Le SISP croit en effet que le gouvernement déploie une stratégie trop agressive de réduction de la dette. Le ministre des Finances prévoit en effet consacrer 2 G$ cette année et 2,5 G$ en 2017-2018 aux versements au Fonds des générations. Le regroupement syndical préconise de réviser à la baisse le montant de ces versements de plus de 1 milliard par année d'ici 2020, ce qui permettrait de réaffecter les sommes dégagés dans les services publics tout en atteignant ses objectifs par rapport à la dette. De plus, le manque de nouveaux efforts pour lutter contre l'évitement fiscal et le recours aux paradis fiscaux déçoit alors que ces questions ont fait les manchettes à de nombreuses reprises dans la dernière année. Dans le même ordre d'idée, le SISP ne s'explique pas le refus du gouvernement d'instaurer un régime d'assurance-médicament entièrement public, ce qui permettrait d'économiser environ 828 M$ chaque année.

«Des solutions existent pour mieux financer nos services. Le Plan de financement du SISP propose des économies et de nouveaux revenus potentiels totalisant 7 milliards de dollars. Nous déplorons que le ministre Leitao n'ait pas eu l'audace ou la volonté de mettre en place les alternatives novatrices, progressistes et écologistes que nous avançons alors qu'un réinvestissement massif est plus que nécessaire», conclu Carolle Dubé.


Gilles Duceppe
 
 

Malgré la vague libérale qui a déferlé sur tout le Canada, Gilles Duceppe a réussi à faire mieux que les Libéraux et les Conservateurs n’avaient fait au Québec aux élections de 2011.

Dans ce contexte, on comprend pourquoi les adversaires du Bloc insistent pour que ce parti se saborde lui-même; ça semble être la seule façon de se débarrasser de ce parti très tenace qui les dérange souverainement.
Un rendez-vous manqué
Après deux ans de coupes massives qui se sont traduites par une diminution, voire la disparition, de pans entiers de services à la population, c'est sans enthousiasme que le Réseau FADOQ accueille le 3e budget du gouvernement provincial. Présenté comme un exemple de saine gestion des finances publiques, cet exercice ne propose rien pour remettre en ordre des milieux qui ont été complètement déstabilisés et qui peinent à remplir leur mission à l'égard du public.

L'inaccessibilité aux soins de santé et à des logements abordables, l'insuffisance des revenus de retraite et la faiblesse du système de maintien à domicile sont à peine effleurés ou carrément ignorés. «Ce budget ne répond pas aux besoins des aînés, qui font et feront encore les frais de l'effort soi-disant collectif dont parle le ministre des Finances», déplore Maurice Dupont, président du Réseau FADOQ.

L'abolition de la taxe santé et la bonification du crédit pour les travailleurs d'expérience sont de bien maigres consolations comparativement aux coûts financiers et humains occasionnés par les coupes dans les services que subissent les aînés, jour après jour. Au chapitre financier, par ailleurs, aucune mesure visant à assurer un revenu de retraite décent aux travailleurs et retraités qui dépendent et dépendront de la Régie des rentes du Québec, n'a été proposée.

«Nous sommes très déçus que le gouvernement n'ait pas suivi l'exemple de l'Ontario soit de bonifier de 25 à 40% la rente de retraite provenant de la Régie des rentes du Québec afin d'améliorer les revenus des retraités. Une autre occasion ratée, qui ne tardera pas à venir hanter le gouvernement, car plus de la moitié des travailleurs dépendra uniquement des régimes publics à la retraite», selon Maurice Dupont.

À la lumière des maigres gains pour les aînés, mais aussi de l'impossibilité des différents secteurs, dont la santé, de faire mieux compte tenu des annonces prévues au budget, le Réseau FADOQ prévoit que les années à venir seront à l'image des deux dernières, soit celle de l'austérité, encore, dans les services à la population. L'exercice budgétaire actuel est un rendez-vous manqué avec les enjeux de l'heure.


Chambre des communes à Ottawa
 
 

Jamais le Québec n’a eu un pourcentage aussi faible de représentants à la Chambre des communes depuis les débuts du Canada.

Une perte d’influence qui n’ira qu’en s’accentuant au cours des prochaines décennies.
Le démantèlement des services publics se poursuit
Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le nouveau budget du Québec poursuit en droite ligne avec les précédents, alors que le démantèlement des services publics se poursuit à coup de compressions budgétaires. Loin de mettre un terme aux mesures d'austérité, ce budget aura des effets directs sur les services reçus par la population dans le réseau de santé et de services sociaux et dans le réseau des services de garde éducatifs.

L'austérité en santé et services sociaux
Le budget déposé hier par le gouvernement Couillard entraînera des compressions budgétaires de plusieurs millions de dollars dans le réseau de santé et de services sociaux. Avec une croissance moyenne des investissements de 2,3%, alors que les augmentations des coûts du système sont de près de 5%, le gouvernement Couillard abandonne les usagères et usagers. Ce sont particulièrement les patientes et patients en santé physique, en déficience physique, en santé mentale, de même que la santé publique et les jeunes en difficulté qui paieront le prix de ces compressions. Le gouvernement abolit la taxe santé, pour mieux légaliser les frais accessoires, une manière tout aussi régressive de financer les soins de santé.

«Le gouvernement Couillard est résolu à démanteler notre système public de santé et de services sociaux. Il le fait en coupant année après année dans les budgets du réseau. Il le fait aussi en fusionnant les établissements pour mieux les contrôler, en légalisant les frais accessoires et en voulant mettre en place le financement à l'activité. On s'en rend bien compte maintenant, la réforme Barrette, c'est ni plus ni moins que la privatisation du réseau de santé et de services sociaux. Il existe pourtant des solutions qui permettraient d'assurer l'avenir de notre système public, par exemple de revoir le mode de rémunération des médecins et d'instaurer une assurance médicaments 100% publique», lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

Les familles dans le collimateur de l'austérité
Le gouvernement Couillard poursuit de plus son saccage du réseau des services de garde éducatifs à l'enfance. Alors que la pression se fait de plus en plus forte pour qu'il mette un terme aux compressions et qu'il revienne sur sa décision de moduler les tarifs des services de garde, il continue à favoriser les garderies privées. Sa décision de réduire la modulation des tarifs est nettement insuffisante, en plus de constituer un casse-tête administratif important pour les familles québécoises.

«Le gouvernement Couillard continue de piger dans les poches des familles dans son nouveau budget. L'ensemble des attaques qu'il met de l'avant ne fait que favoriser le développement des garderies privées. Il est pourtant démontré que le réseau des services de garde éducatifs, que ce soit dans les CPE ou les services de garde en milieu familial, offre les services de la meilleure qualité pour nos enfants. Le gouvernement s'entête à nuire à un joyau collectif qui permet le développement de notre société», de conclure Jeff Begley.


LA DEPECHE NUMERO 66La Dépêche numéro 66 vous propose une entrevue exclusive avec Roy Dupuis. Ayant passé son enfance en Abitibi-Témiscamingue, Roy Dupuis demeure très attaché à la région. Notre journaliste Julianne Pilon s'est entretenue avec lui avant son arrivé à Rouyn-Noranda pour le 33e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Une entrevue illustrée de 10 photos sur 6 pages.

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